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Rabioux, à 1240 m d'altitude, fut un important hameau blotti sur les pentes d'Aurouse, au pied d'une large barre rocheuse qui lui offrait un supplément d'abri contre le vent du Nord, la Bise. Situé à peu de distance de la Montagne de Montmaur, dans les temps anciens, il faisait partie de la paroisse de Montmaur. Vers 1393, il fut rattaché à La Cluse. Selon le "Dictionnaire topographique du département des Hautes Alpes" rédigé par M. J. ROMAN en 1884 (1), Rabioux apparaît dans les archives depuis le début du XIIIème siècle sous le nom de Rabiosum (1248), Rabios (1265 et 1289), Locus Rabionis (1350) ou bien encore Rabyonum (1350). Sur la carte de CASSINI, levée en 1771-1772 par Micas, Langelay, La Ruelle et Dufour de Montland, le hameau est noté Rabious ; il possède une église (2).
A environ un kilomètre au nord exista longtemps un hameau nommé Janois, constitué d'une seule ferme, sur les rives de la Béoux, que ROMAN écrira sous la forme "la Janoysse" (1). Les actes d'état civil nous apprennent qu'en 1851 à Rabioux existait une ferme appelée "le merle" dans laquelle naquit PIOT Marie "Alexandrine". Le nom du hameau provient du nom du torrent qui descend de la montagne d'Aurouse, torrent qui dut maintes fois inquiéter les populations si l'on en croît la signification de ce nom. En effet, l'ingénieur SURELL, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, signalait (4) :
De l'avis de tous les experts de l'époque, par exemple de l'ingénieur FABRE, cité par SURELL :
Ce qui justifiait la loi de reboisement que le parlement vota le 23 Juillet 1860. De tous temps, le torrent de Rabioux, grossi par de violents orages, charriait tellement de graviers qu'il parvenait à combler le lit de La Béoux. La dernière fois où il fit preuve de tant d'impétuosité et lieu en juillet 1956. Comme nous le rappelle le Dauphiné Libéré du 10 juillet :
Un énorme tas d'éboulis barra complètement le passage de Montmaur vers le Dévoluy ; un lac se forma. Il fallut attendre 1958 pour qu'une nouvelle route soit tracée, et la circulation rétablie. L'affaire était prévisible. JOANNE n'écrivait-il pas près de 100 ans plus tôt (5) :
Les gens de La Cluse répondirent :
En 1800, le premier préfet des Hautes-Alpes, Félix Bonnaire, décrivait ainsi la situation (6) :
Conscient du problème posé par les toits de chaume, le régime royal avait d'ailleurs proposé des primes à ceux qui couvriraient leur ferme en ardoise (6) :
En effet, les incendies étaient souvent une cause de ruine pour des villages entiers, les interventions de secours n'avaient pas l'efficacité nécessaire pour les combattre :
Certains villages furent presque entièrement détruits tel Le Bez (La Salle), en 1892, qui ne conserva que 7 maisons sur les 95 qu'il comptait (7). Montmaur lui même avait brûlé presque entièrement au début du mois d'octobre 1756 vers le milieu de la journée. Comme le raconte le curé POUILLARD, qui tenait alors le compte des naissances, baptêmes ... le feu à pris à cause de l'imprudence d'Augustin Robert, coupable d'avoir voulu réchauffer son lit (8):
Et, le 26 février 1761, au milieu de l'après midi, c'est au hameau des Sauvas que le feu se déclarait et détruisait toutes les habitations, causant la mort de deux personnes. Près des ruines du hameau se situe le pierrier de la montagne d'Aurouse, qui est l'un des plus grands d'Europe. Comme le signalaient les habitants de la Cluse au moment de la révolution :
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