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Le mardi 20 juin 1752, à La Cluse, Jean JEAN épouse Marguerite CORNAND (1). Marguerite CORNAND est âgée de 19 ans. Elle est née le 1er décembre 1733 à Rabioux. Elle est la fille d'Arnoux et de Marie MARCELLIN décédée quelques années auparavant, entre 1745 et 1752. Auprès d'elle se pressent ses soeurs et son frère : Jeanne, l'aînée, Marie et Joseph MARCELLIN son époux, Jean et sa femme Marie BROCHIER. Jean JEAN est originaire des Sauvas où il est né vers 1731. Il est accompagné par son père, lui aussi prénommé Jean, sa mère Suzanne AMOURIC, ses frères Jacques, Joseph et Pierre, et toute sa famille. Les cloches sonnent à toutes volées. Les portes de l'église s'ouvrent, et voici le cortége. La mariée en costume simple est charmante ; le marié est empressé, vêtu de l'habit et de la veste à la mode du temps ; les gens de la noce les suivent, souriants, marchand deux par deux. C'est une belle journée d'été ; tout est clarté et gaîté dans la foule comme dans la nature. Après la cérémonie, le curé de La Cluse rédige l'acte de mariage (2) :
Au sortir de l'église, Marguerite s'arrête sur la porte du festin pour embrasser tout son monde. Le repas redouble la gaîté ; repas obligatoire et interminable. Et tandis que les vieillards et les hommes murs se complaisent à table, les jeunes gens se lèvent pour se livrer à la danse. Le lendemain du mariage pas de départ pour un voyage de noce mais vers les Sauvas, où vont habiter les jeunes époux, et la vie dure des paysans du Dauphiné. Aucun enfant ne viendra égayer le foyer de Jean et Marguerite. Ils ne connaîtront que la maladie et la souffrance et le décès de leurs proches. Leur belle soeur Marie BROCHIER, femme de Jean CORNAND, à peine âgée de 36 ans, décède à Rabioux le 30 août 1755. La mère de Jean, Suzanne AMOURIC, décède à Montmaur le 21 octobre 1756. Mais pire que tout pour Marguerite, la validité de son mariage est contestée. Car quelqu'un, nous ne savons pas précisément qui, mais on peut soupçonner Jean lui même ou l'un de ses proches, a demandé la nullité du mariage en portant l'affaire devant la justice ecclésiastique de Gap (3). Le procès en nullité se déroule à Gap, le 22 décembre 1757. En l'absence du juge ecclésiastique, l'official, il est présidé par son suppléant, le vice-gérant. Après avoir entendu les parties, les experts, les témoins et le promoteur, sorte de procureur, qui requiert l'application des pénalités édictées par les saints canons, les lois et les règlements de l'Église, le tribunal déclare le mariage nul et sans effet car célébré contre les constitutions canoniques. Un mois après, le jeudi 19 janvier 1758, Jean JEAN épouse Marie JEAN (4). Comme son époux, elle est originaire des Sauvas où elle est née le 26 avril 1739. Elle est donc âgée de 19 ans. C'est la fille d'Étienne et de Catherine PIÉROU. Le curé de Montmaur, comme la loi l'oblige, fait mention des attendus du procès dans l'acte de mariage (5) :
Le couple n'aura pas de descendance. Jean JEAN décédera le 22 août 1776 à l'âge de 45 ans. Il sera suivi dans la tombe par son épouse, décédée deux mois plus tard, le 26 octobre. Elle n'avait que 36 ans.
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