Le Chevalier Pierre TOSCAN  DUTERRAIL naît le 7 janvier 1760 à Montmaur (1). C'est le onzième enfant, fils "légitime et naturel", de Jacques TOSCAN DU PLANTIER, châtelain et notaire royal de la Baronnie de Montmaur, originaire de Ventavon, et de Dame Marie Anne AUGIER DE BOISSET (2). Il est baptisé "solemnellement" le lendemain par le curé POUILLARD. Sa soeur "Demoiselle" Marie Josèphe, âgée de 9 ans, est sa marraine ; le parrain est Jacques GUÉRIN de Jarjaye. L'extrait du registre des naissances présenté ci contre est signé par Pierre ROBIN, faisant fonction de maire, en l'absence de celui ci (3).

On ne sait rien sur son physique ni sur son degré d'instruction. Cependant sachant qu'il deviendra gendarme et que la loi de 1798 imposait une taille minimum de 1,73 mètre pour intégrer cette arme, on peut en conclure qu'il était grand pour son époque. Quant à son niveau d'instruction, la loi de 1791 imposait au gendarme de savoir "lire et écrire", mais, étant fils de notaire, on peut là encore supposer que Pierre TOSCAN DUTERRAIL possédait un niveau bien plus élevé dont les bases ont probablement été acquises grâce à l'enseignement du curé POUILLARD.

À peine âgé de 17 ans, le 13 juin 1777, Pierre TOSCAN DUTERRAIL, intègre la gendarmerie du Roi sous le titre de Monsieur, dans la gendarmerie dite de Lunéville, avec le grade de sous lieutenant de cavalerie. Il entre dans une arme d'élite composée de régiments de cavalerie, très souvent engagée sur les champs de bataille, et dont la création remonte au règne de CHARLES VII. Réduite en 1763, la gendarmerie ne comportait plus alors que dix compagnies ; alors que les quatre premières stationnaient à proximité de Versailles, les six autres avaient étaient données par LOUIS XIV à son beau-père Stanislas LECZINSKI, duc de Lorraine et de Bar, comme gardes d'honneur et pour assurer sa sécurité. Cette "Petite Gendarmerie" était en garnison à Lunéville d'où son nom. Comme beaucoup de futurs officiers des régiments et comme cela était la coutume avant la création des écoles militaires, Pierre TOSCAN DUTERRAIL fait là son apprentissage. En 1780, sa formation assurée, il est congédié.

Après le décès de son père, à Montmaur le 24 Mars 1784, puis, trois ans plus tard, celui de sa mère le 10 Avril 1787 à Montmaur, son frère Joseph se retrouve à la tête de la famille.

Nous sommes à la veille de la révolution, Pierre TOSCAN DUTERRAIL participe à la vie politique de la région. Membre du Conseil de département chargé de l'administration du département, le 13 juillet 1790, signalé comme "bourgeois de Montmaur", il est élu l'un des administrateurs au Directoire du district de Gap. Cette élection témoigne indirectement qu'il possède un poids certain dans les Hautes-Alpes (4).

Après avoir supprimé la Maréchaussée en janvier 1791, la Convention la réorganise la même année sous le nom de Gendarmerie. Le 19 juin 1791, Pierre TOSCAN DUTERRAIL est réintégré dans cette arme ; le 31 août, il démissionne du Directoire pour occuper ses fonctions dans la Compagnie de gendarmerie des Hautes Alpes "attendu qu'il a plu au Roi de lui accorder un brevet de lieutenant de gendarmerie".

Très rapidement, la gendarmerie est mobilisée dans la guerre que mène la France contre les États coalisés.

En 1792 et 1793, puis de l'an II à l'an IV (1794 à 1796), Pierre TOSCAN DUTERRAIL participe à l'armée des Alpes et d'Italie sous les commandements de KELLERMANN puis de DUMAS. Après la conquête en 1792 de la Savoie et du comté de Nice, la guerre se poursuit lentement dans les alpes méridionales. C'est ainsi qu'il trouve le temps de convoler en justes noces.

Il se marie le 25 Septembre 1793, à Monêtier-Allemont où il réside, avec Anne Elizabeth Euphrosine LAPLANE, née le 20 mars 1771 à Sisteron, fille de François, avocat au parlement. Ils auront deux enfants :

  • un fils prénommé Pierre Édouard Désiré, né le 18 Mars 1796 à Veynes, qui sera Général de Brigade et décédera à Montmaur le 20 Avril 1864, et
  • une fille, Bénédicte Suzanne, née en 1798.

En 1794, par la victoire de Saorgio, les français se rendent maîtres du col de Tende. En 1795, ils battent les autrichiens à Loano et occupent le littoral jusqu'à Savone. La guerre contre les autrichiens prendra un aspect plus incisif avec l'arrivée du général en chef BONAPARTE à la tête de l'armée.

Cependant, grâce à une lettre de NAPOLÉON, on sait que la gendarmerie est généralement mal employée. En effet, le 12 mars 1800, NAPOLÉON écrit au citoyen LACUÉE, Conseiller d'État, pour se plaindre de la mauvaise utilisation que l'on fait de la gendarmerie et préciser quelles sont les attributions des gendarmes (5) :

L'article 149 (de la loi du 28 germinal an VI), défend aux autorités civiles et militaires d'employer la gendarmerie à porter leurs dépêches : c'est cependant à l'inexécution de cette loi que l'on doit en grande partie l'inactivité de la gendarmerie... Les officiers de gendarmerie doivent avoir le droit de réunir les brigades pour escorter les diligences, faire des battues sur les chemins, dans les bois, et dresser des embûches aux brigands : opérations qui ne se peuvent faire qu'avec le secret de l'organisation militaire...

Il convient encore d'ajouter à ces attributions la recherche et l'arrestation des déserteurs, des fauteurs de troubles, mendiants, vagabonds et gens sans aveu (6).

Le 10 septembre 1808, Pierre TOSCAN DUTERRAIL rejoint la compagnie de Gendarmerie des Basses Alpes. Il n'y reste que quelques mois car le 31 décembre, il est promu commandant de la compagnie des Bouches du Rhône à Marseille avec le grade de Capitaine. À ce titre il devient président du conseil d'administration de la compagnie.

Alors qu'il est toujours en fonction à Marseille, "l'Empereur et Roi" NAPOLÉON, en grand conseil et par lettres patentes, le nomme Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur, le 28 juin 1813. L'avis de nomination qui lui est envoyé est signé du Comte DE LACÉPÈDE, grand chancelier de l'Ordre et ministre d'État.

Cette nomination lui permet de se voir attribuer le titre de chevalier d'Empire par lettres patentes du 11 novembre 1813 et une armoirie "D'or, à trois tilleuls, soutenus d'une même terrasse, le tout de sinople, surmonté chacun d'une étoile d'azur et celui du milieu chargé sur le fût de deux épées croisées en sautoir, la pointe haute, de sable ; bordure de gueules au signe des chevaliers légionnaires posé au deuxième point en chef ; pour livrées : les couleurs de l'écu, le vert en bordure seulement" (7).

La transmissibilité du titre de chevalier accordée à un membre de la Légion d’honneur était assurée à certaines conditions à sa descendance, même non membre de la Légion d’honneur, après confirmation auprès du Conseil du sceau des titres. C'est probablement pour obtenir cette hérédité que Pierre TOSCAN DUTERRAIL produit un acte de notoriété en date du 3 décembre 1814, attestant qu'il a toujours porté le nom de TOSCAN DU TERRAIL, ainsi que son fils Pierre Édouard Désiré, élève à l'école de Saint-Cyr.

Un an et demi plus tard, c'est LOUIS XVIII qui le nomme chevalier dans l'ordre l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, le 16 janvier 1815 (8)

Pierre TOSCAN DUTERRAIL était-il franc-maçon comme le pensent certains historiens ? Cette appartenance a t'elle pu favoriser sa carrière ? Nous possédons plusieurs copies de documents signés de sa main, certains signés TOSCAN, d'autres CHEVALIER TOSCAN DUTERRAIL. Ces deux signatures sont précédées des deux traits, mais aucune ne comporte les trois points caractéristiques (9). Ce type de graphie se retrouve dans quelques signatures sur les documents en notre possession. Ainsi, il existe une forte probabilité pour qu'il ait appartenu, comme nombre d'officiers, à la Franc-Maçonnerie. Quant à savoir si son appartenance a facilité l'obtention des deux décorations ?

À Marseille, Pierre TOSCAN DUTERRAIL acquiert la réputation "d'un homme qui n'a jamais forfait à l'honneur et dont la conduite a constamment inspiré aux cent mille habitants d'une même cité, les sentiments d'une juste vénération" ; réputation due notamment à son comportement lors du retour de NAPOLÉON (10).

Évadé de l'île d'Elbe le 26 février 1815, l'empereur déchu débarque le 1er mars au Golfe-Juan en compagnie de 1 100 hommes de la vieille garde et de la garde corse. Le 3 mars 1815, le bruit de ce débarquement se répand à Marseille. Pierre TOSCAN DUTERRAIL, en bon représentant de l'ordre, reste fidèle à LOUIS XVIII qui l'a décoré de l'Ordre de Saint Louis au début de l'année et fait tout son possible pour faire respecter la loi et l'ordre. Paul GAFFAREL nous rapporte qu'il a pris des mesures pour s'opposer à l'action subversive du maréchal MASSÉNA, gouverneur de la région militaire de Marseille, rallié à l'Empereur (11) :

Il eût été cependant facile, si l'on avait voulu pousser l'affaire à fond, de prendre des informations ... sur la résistance qu'il  (MASSENA n.d.r) avait opposée aux mesures militaires proposées par PANISSE, par TOSCAN DU TERRAIL et divers autres.

Augustin FABRE est plus précis sur l'action de Pierre TOSCAN DUTERRAIL lors du retour de l'Empereur (12) :

Dans la soirée du 3 mars le bruit se répandit que Bonaparte avait quitté l'île d'Elbe et venait de débarquer au golfe Juan avec une poignée de braves. Le peuple s'émut aussitôt ; la garde nationale se réunit en armes sur toutes les places publiques et y resta en permanence.
Masséna se trouvait alors à Marseille ; Toscan du Terrail, capitaine de gendarmerie, lui proposa, en offrant sa tête pour garantie, d'aller arrêter Bonaparte aux bords de la Durance, de l'amener mort ou vif, pourvu qu'on lui permît de partir sur le champ avec les brigades de Marseille, de requérir les autres brigades qu'il rencontrerait sur sa route, et de faire sonner le tocsin pour attirer à lui les gardes nationaux et les habitants des campagnes. Le maréchal renvoya brusquement cet officier, et resta dans l'inertie. Le lendemain au matin, 4 mars, ... le corps des portefaix demanda des armes ; une partie de la garde nationale voulut aller sur le champ au pont de Sisteron, bien convaincue que tout dépendait de la célérité.

Ainsi, Pierre TOSCAN DUTERRAIL s'est proposé pour arrêter la marche de NAPOLÉON sur Paris ! On ne peut imaginer ce qu'il serait advenu de l'histoire de la France s'il avait réussi dans cette tentative !

Au lieu de cela, ce n'est que dans la matinée du quatre que MASSENA fait partir pour Aix le 83ème régiment et quelques heures plus tard, les six compagnies d'élite du 58ème, avec ordre de se mettre en route le lendemain pour Sisteron, sans espoir de rejoindre Gap, ville que Napoléon quittait le six pour se porter sur Grenoble !

Par la suite Pierre TOSCAN DUTERRAIL apporte son appui aux troupes royalistes du Duc d'ANGOULÊME qui résistent au retour de NAPOLÉON dans le sud est, de Grenoble à Gap et Marseille, et il oeuvre en faveur des Marseillais dont le port est occupé par les Anglais et les Siciliens à partir du mois de juin.

Après la défaite de Waterloo, le 24 juin 1815, la chasse aux bonapartistes est ouverte. A Marseille, on apprend la nouvelle de la défaite le lendemain. La Terreur Blanche débute par le meurtre de 200 personnes. Des bandes royalistes, comme celles des Miquelets ou des Verdets, parcourent la vallée du Rhône, incendient les maisons, égorgent leurs adversaires politiques avec des raffinements de cruauté. Et les autorités locales laissent faire, quand elles n'encouragent pas les assassins. Dans chaque département, une cour prévôtale juge sans appel les accusés politiques, et ses sentences impitoyables sont exécutées dans les 24 heures : les peines de mort et de bannissement sont distribuées à profusion.

Pour sa part, dès le 3 juillet, et par mesure de rétorsion, Pierre TOSCAN DUTERRAIL est mis à la retraite par décision du gouvernement.

mis à la retraite par décision du gouvernement du 3 juillet 1815, annulée ensuite avec cette note : "nul de plein droit ; cet officier a été maintenu en activité, par le fait du retour du Roi, et il a servi dans l'armée de S.A.R. Mgr Duc d'Angoulème"

En décembre 1815, une enquête est diligentée par le commissaire général de police CAIRE contre le Maréchal MASSÉNA, que les royalistes marseillais veulent faire juger comme traître à la Patrie. Le pouvoir royal est embarrassé et tente d'étouffer l'affaire. Pierre TOSCAN DUTERRAIL fera parti des personnes interrogées à charge (11) :

On eut grand soin de n'interroger comme témoins que ceux qui pouvaient le moins savoir et surtout le moins compromettre, et quels témoins : les guichetiers et les concierges des prisons, des officiers, BORELY, TOSCAN DU TERRAIL, MASSOT, ESTABY, BATTAGLIA, SEGUIER, BONNECORSE, ROUX, auxquels on n'adressa que des questions générales.

Quoiqu'en dise GAFFAREL, il ne s'agit pas de témoins subalternes mais des officiers qui s'étaient proposés, à la tête de leurs troupes, de couper la marche de Napoléon à Sisteron.

Quant à MASSÉNA, déchu, atteint par la tuberculose, il s'éteindra le 4 avril 1817, à l'âge de cinquante-neuf ans.

Tous les gendarmes n'ont pas eu la même fidélité que Pierre TOSCAN DUTERRAIL. Aussi Louis XVIII, épure t'il la gendarmerie à qui il reproche son soutien à l'Empereur. Le 28 juillet 1815, il donne l'ordre de destituer les gendarmes nommés pendant les Cent-Jours et de rétablir en lieu et place ceux qui ont été écartés par NAPOLÉON Ier. Il convient d'exclure tous ceux qui n'offrent pas de garantie suffisante de leur aptitude à la Gendarmerie et surtout de leur dévouement au Roi.

La mise à la retraite de Pierre TOSCAN DUTERRAIL est annulée avec cette note : "nul de plein droit ; cet officier a été maintenu en activité, par le fait du retour du Roi, et il a servi dans l'armée de S.A.R. Mgr Duc d'Angoulème"

Pierre TOSCAN DUTERRAIL se retrouve nommé à Gap, dans son département d'origine. Il passe d'une direction de compagnie, sous les ordres d'un colonel et d'un chef d'escadron, à la pleine direction des 123 gendarmes du département des Hautes-Alpes. C'est pour lui une promotion qui récompense sa fidélité au Roi et son action à Marseille durant l'épisode des cent jours puis lors de la terreur blanche. Mais ce peut être aussi une mutation pour raisons personnelles qui satisfait un souhait de rapprochement dans le cadre familial, une recherche de stabilité après les épisodes tumultueux qu'il vient de connaître ou encore le désir de terminer sa carrière dans le département dont il est originaire.

Car Pierre TOSCAN DUTERRAIL commence à être âgé. En 1820, il a 60 ans et c'est un des plus vieux gendarmes. Pour comparaison, en Seine-et-marne en 1832 et 1847, seulement 1,1 % des gendarmes ont entre 55 et 59 ans (13). Et bien qu'il ait atteint le 3ème rang sur la liste par rang d'ancienneté pour l'avancement il n'est toujours que capitaine de Gendarmerie (14), grade qu'il possède depuis 12 ans. C'est donc l'un des plus vieux et des plus anciens dans le grade de capitaine de la Gendarmerie à cette époque.

La promotion tant attendue au grade de chef d'escadron arrive enfin, le 21 novembre 1821 (15). Et comme ce poste n'existe ni pour les Hautes-Alpes ni pour les Basses-Alpes, il est affecté dans le département de l'Isère, à Grenoble.

pension de 1505 f, jouissance du 1er avril 1822, 38 ans six mois de service

Il n'y demeurera que peu de temps ; le 1er avril 1822, pour la deuxième fois et cette fois ci définitivement, après 38 ans et 6 mois de service il est mis à la retraite avec une pension annuelle de 1 505 f et le grade de lieutenant colonel honoraire.

Le 29 Novembre 1826, à Gap, il marie sa fille Bénédicte Suzanne avec Ferdinand Marie DE PONSON. C'est l'alliance de deux familles d'officiers supérieurs. Le père du marié, noble Alexis Joseph Marie LANGE DE PONSON, décédé à cette date, était lieutenant colonel, chevalier de l'ordre de Saint Louis, maréchal des logis des gardes du corps du Roi Louis XVI. Les témoins font partie de la haute société alpine : Joseph TOSCAN DU PLANTIER, juge au tribunal de première instance de Gap, oncle de l'épouse, Pierre Édouard Désiré TOSCAN DU TERRAIL, frère de l'épouse, Hyppolite TOSCAN DU PLANTIER, juge auditeur, son cousin, et Amable LAPLANE, receveur des impositions indirectes à Forcalquier, son oncle maternel. Alors que Pierre TOSCAN DUTERRAIL paraphe l'acte en séparant par un trait d'union ses patronymes TOSCAN et TERRAIL, son fils Pierre Édouard Désiré signe TOSCAN DU TERRAIL, nom sous lequel il figure depuis 1823 sur la liste des officiers du Corps Royal d'État Major avec le grade de lieutenant aide major (165).

De cette union naîtra un fils, le vicomte Pierre Alexis Joseph Ferdinand PONSON DU TERRAIL, romancier célèbre, père de Rocambole.

En 1827, sous le nom de TOSCAN, ancien gendarme, demeurant à Paris, il demande à prendre officiellement le nom de TOSCAN DU TERRAIL (17). Nous avons signalé en note qu'il apparaissait sur tous les annuaires militaires sous ce nom de TOSCAN, que tous les actes en notre possession, et notamment son acte de naissance et sa nomination à la Légion d'Honneur, portent le nom TOSCAN DUTERRAIL.

Nous sommes manifestement dans un cas où une famille après avoir rajouté un nom de terre à son patronyme et avoir utilisé ce nom pendant plusieurs années tente d'obtenir une particule. Car bien que descendant de Jean Baptiste TOSCAN, seigneur de Monetier-Allemont en 1745, il semble que l'affirmation de sa noblesse grâce à une particule soit importante pour la famille TOSCAN DU TERRAIL (18).

Pierre TOSCAN DUTERRAIL décède le 28 mars 1840 à 22 heures à Montmaur. L'acte de décès qui rappelle ses titres de chevalier, lieutenant colonel honoraire, médaillé de la Légion d'honneur et de l'ordre de Saint Louis est signé par son gendre Ferdinand Marie DUPONSON propriétaire à Simiane dans les Alpes de Haute Provence et son neveu Pierre LESBROS (19).

Sa veuve, Anne Elisabeth Euphrosine LAPLANE, qualifié veuve de M. TOSCAN DU TERRAIL dans le mémoire de proposition établi à Lyon le 9 août 1840 par les autorités militaires obtient une pension de réversion de 500 f.

Elle survivra 24 ans à son époux et décédera elle aussi à Montmaur, à l'âge canonique de 93 ans, le 14 avril 1864, soit curieusement 6 jours avant son fils Pierre Édouard Désiré.


  1. Sur l'extrait du registre des naissances, il est porté sous le nom de TOSCAN DUTERRAIL. C'est le nom que nous lui conserverons dans cette page, et bien que le simple patronyme TOSCAN apparaisse sur de nombreux documents officiels comme tous les annuaires militaires que nous avons pu consulter.
  2. Ils auront douze enfants, 6 décéderont quelques jours après leur naissance ou lors de leur enfance.
  3. On peut encore noter que ce document comporte deux empreintes fiscales : celle du premier empire, d'une valeur de 75 centimes, et l'empreinte royale, de même valeur, représentant la Paix debout, apposée comme contremarque sur le papier napoléonien en stock qu'il convenait de récupérer.
  4. Bulletin de la Société des Hautes-Alpes, n°39, Gap, 1891.
  5. Site web : http://www.histoire-empire.org
  6. Site web : http://www.napoleonica.org
  7. Henri GOURDON DE GENOUILLAC, Léonce HALLEZ-CLAPARÈDE, Dictionnaire des anoblissements, 1ère partie, Bachelin-Deflorenne Lib., Paris, 1869
  8. Créé en Avril 1693 par Louis XIV, afin de récompenser le zèle et la fidélité des officiers, supprimée lors de la Révolution, puis rétablie par Louis XVIII, la décoration est une croix d'or à quatre branches anglées de fleurs de lis d'or et terminées par huit pointes boutonnées. Ces branches portent en leur centre une queue d'aronde d'or brodée extérieurement d'émail blanc. Au centre de la croix un médaillon porte l'effigie en pied de Saint-Louis sur un tertre d'émail vert et entouré d'une bordure d'émail bleu portant la légende en lettres capitales d'or : LUDOVICUS MAGNUS INSTITUIT 1693.
  9. On peut toutefois apercevoir un point sur le trait inférieur de la signature présentée.
  10. Réponses des Marseillais au mémoire de M le Maréchal Masséna, Dubié Lib., Marseille, 1816.
  11. Paul GAFFAREL, "Terreur Blanche à Marseille dans les derniers mois de 1815", in Revue Historique, T 122, F. Alcan Ed., Paris, 1916.
  12. Augustin FABRE, Histoire de Marseille, Marius Olive Ed., Marseille, 1829.
  13. Ingrid PREVOST, La gendarmerie en Seine-et-Marne sous la monarchie de juillet  (1830-1848), mémoire de maîtrise, Université de Paris IV - Sorbonne, 2001.
  14. Annuaire de l'état militaire de la France pour l'année 1820, F. G. Levrault Ed., Paris, p 175.
  15. Annuaire de l'état militaire de la France pour l'année 1822, F. G. Levrault Ed., Paris, p 194.
  16. Annuaire de l'état militaire de la France pour l'année 1823, F. G. Levrault Ed., Paris, p 39.
  17. Site web : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr
  18. On peut noter que, dans son "Armorial Haut-Alpin", Jean GROSDIDIER DE MATONS ne donne pour noble que la famille TOSCAN D'ALLEMONT. Noter aussi que le petit fils de Pierre TOSCAN DUTERRAIL, qui deviendra le romancier célèbre, déclaré à sa naissance sous le nom DUPONSON obtiendra par un jugement du tribunal de première instance de Gap rendu le 27 Juin 1860 que le nom DUPONSON soit dorénavant écrit en deux mots et que cette correction soit apportée au registre des naissances.
  19. État civil de Montmaur sur le site des Archives Départementales des Hautes-Alpes
  20. Anne Elisabeth Euphrosine LAPLANE étant qualifiée veuve de M. TOSCAN DU TERRAIL il semble que la demande de changement de patronyme de 1827 ait reçu une réponse favorable.