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Consommé en grande quantité pour le chauffage, utilisé comme matériau de construction, pour les arsenaux royaux de Louis XIV par exemple, ou encore combustible nécessaire au fonctionnement des usines, de tout temps le bois a eu de multiples usages. Encore fallait-il pouvoir acheminer cette précieuse matière première jusqu'aux lieux où elle serait transformée.

Du Moyen-Âge jusqu'à la seconde moitié du XIXème siècle, le flottage est le mode de transport le plus courant et le moins onéreux pour le bois.

Une première méthode consiste à rassembler le bois sur les rives, à marquer chaque pièce pour qu'une fois mélangée par les flots elle demeure reconnaissable par son propriétaire et à lâcher le bois pour qu'il descende librement le cours d'eau au gré du courant. Arrivé à destination, le bois est arrêté par une grille ou un câble tendu au travers du fleuve. Il s'agit du procédé de flottage à bûches perdues. Une perte de 10% des pièces de bois sur le trajet a amené les hommes de métiers à se pencher sur une solution plus performante.

C'est la création du flottage en trains. Les troncs sont coupés et attachés entre eux pour former un radeau gouvernable qui descend le courant. Ce mode de transport n'est possible que sur des tronçons où le cours d'eau est assez large et peu tumultueux pour éviter que le radeau ne se casse. Hormis le bois dont ils étaient faits, ces embarcations convoyaient d'autres marchandises comme des briques, des produits de la campagne tels que du beurre et du petits bétails et parfois même des personnes (1).

L'activité professionnelle millénaire de radelier donnait un métier aux haut-alpins de l'Embrunais, du Queyras et du Buëch  (2).

Si, dans les Hautes-Alpes, on connaît surtout les radeliers de la Durance qui transportaient des bois jusqu'à la Méditerranée sur 260 km navigables, le Buech et le Petit Buech étaient eux aussi flottables durant leurs périodes de hautes eaux (3) :

PETIT-BUECH. (Bassin du Rhône.) Rivière qui prend sa source dans le département des Hautes Alpes, au pied de la montagne de Chaudun, traverse le territoire des communes de la Roche, Montmaur et Veynes, et se jette dans le Grand-Buëch, un peu au-dessus de Serres.
Cette rivière est flottable pour des trains depuis la Roche-des-Arnauds jusqu'à son embouchure, sur une étendue de 37 000 m. Le flottage ne peut avoir lieu que deux fois dans l'année, au mois de mai et au mois de septembre ; il ne s'opère pas sans difficultés ; soit à cause des sinuosités de la rivière, soit parce que les eaux, en s'étendant souvent sur une assez grande largeur, n'ont plus une profondeur suffisante pour porter les radeaux.
Le nombre de pièces de sapin que l'on flotte annuellement sur le Petit-Buëch, s'élève à environ 500.

 

La forêt de Durbon était particulièrement riche en beaux arbres qui étaient abattus, transportés par des paires de boeufs aux ports fluviaux qui étaient aménagés à Saint-Julien et à Trabuc, et étaient descendus sous forme de radeaux par le Buech lors des crues de printemps, et utilisés par les constructions navales de la Marine Royale de la Méditerranée (4,5).

L'avènement du chemin de fer, ses progrès et ses évolutions, ont fait disparaître petit à petit un métier ancestral.


  1. Site web http://www.fleuverhone.com/flottag2.html
  2. Site web http://www.hautes-alpes.net/eau-calme-alpes.html
  3. Antoine Louis Théodore RAVINET, Dictionnaire hydrographique de la France, t 1, Bachelier lib., Paris, 1824.
  4. Jacques REYNAUD, Quelques pages sur l'histoire de Saint-Julien en Beauchaine, in Provence Généalogie, n°144, 2007.
  5. Les moines fournissaient aussi le bois nécessaire à la reconstruction des ponts qui étaient périodiquement emportés par le Buech.