Après quelques péripéties, notamment un arrêt de la construction du à la mobilisation des maçons lors de la première guerre mondiale, l'école de La Montagne ouvre ses portes aux écoliers, le 1er mai 1916, bien que son son fronton porte la date de 1915. Cette école vient s'ajouter à celles qui existent déjà dans les hameaux : au Vilard, ou à Rabioux depuis 1899. Dès 1845, le sous préfet CHAIX signale qu'une majorité de communes alpines possède une école (1):
et il comptabilise :
Ce n'est qu'avec la loi du 28 Juin 1833, votée à l'instigation de François GUIZOT, que sont définis les premières règles organisant l'enseignement primaire et que les communes se voient obligées d'avoir une école (2) :
Et selon une loi votée la même année, les matières principales enseignées aux filles doivent être les mêmes que celles qui s'adressent aux garçons, à savoir (3):
On sait que de tout temps les instituteurs du Briançonnais ont été renommés et qu'ils se louent à l'année dans les foires. Ils descendent même instruire les provençaux comme le remarque le "citoyen préfet" BONNAIRE en 1800 (5):
Cependant, le métier d'instituteur ne nourrit pas son homme. Les instituteurs vivent chichement et sont souvent obligés d'exercer un autre métier (6):
Cette situation se poursuivra jusqu'à la fin du 19ème siècle (7):
La première chose a dire est qu'il y a eu vraiment beaucoup d'instituteurs et d'institutrices à la Montagne. Rares sont ceux qui ont choisi d'y rester longtemps. Quelques uns ne restèrent que quelques mois ! Un certain nombre d'institutrices se marièrent à Montmaur et y
résident encore. Ainsi Mademoiselle Lucette MICHEL que ses élèves virent un jour
arriver depuis la plaine de la Roche des Arnauds, avec son père et un cheval noir.
Devenue Madame ACHARD, elle réside aujourd'hui au quartier de la gare de Montmaur. Ou
bien encore Mademoiselle BROCHIER devenue Madame MILLET. Madame ROSANVALLON, la femme du tailleur de Veynes, venait le matin dans une automobile conduite par son mari et repartait le soir chez elle en vélo. Madame GILBERT, Monsieur CORNAND tous deux de Veynes, Monsieur ALLARD, de Remollon, dont le père était chef de gare à Montmaur, ainsi que Monsieur BOUTEILLE, originaire de la Faurie, ont enseigné dans cette école. Si certains instituteurs n'ont fait qu'un bref séjour à la Montagne, il y en eût un qui séjourna plus longtemps à l'école au début du XXème siècle. C'est Monsieur MICHEL qui habitait sur place avec sa femme. Ils donnaient aussi des cours du soir aux enfants et aux adultes occupés aux travaux des champs dans la journée. En 1931, une douzaine d'écoliers, venus de la Montagne mais aussi de Jacquaille et Claret fréquentaient l'école.
La photo ci contre, prise sur le perron de l'école, montre quatre écoliers de 1949 : Abel Roux qui passait cette année là son certificat d'études et Yvonne, Marie Claire et Mireille Robert. En 1950, l'école fermait une première fois. Les quelques écoliers restant durent se rendre (à pied) à l'école de Montmaur ou loger au village chez un parent.
D'autres enfants naquirent encore et puis en 1965, Marie Thérèse Roux fermait définitivement l'école (voir l'article du Dauphiné Libéré qui relate cette fermeture). Quelques années encore et l'école était vendue ...
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