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Joseph Roman a réalisé l'inventaire et l'analyse des documents du moyen âge relatifs au Haut Dauphiné depuis l'an 561 jusqu'en 1500. Il signale deux actes de vente, concernant la Frédière, conservés aux Archives des Hautes Alpes (1). Le premier, en date du 18 février 1247 à Gap, concerne la vente par Milon Raibaud de ses terres de la Frédière au couvent des chartreusines du hameau de Berthaud :
Le second, signé le 22 avril 1288 à Guinaise dans l'église, concerne encore le couvent et Rambaud Milon :
Ainsi les deux actes ont été signés à 41 ans d'intervalle par le père et le fils (ou le petit fils) Milon. Cette famille paraît être une famille du Dévoluy. En effet, Roman cite deux Milon seigneurs particuliers de la Cluse au XIIIème siècle : Arnaud (1212) et Guigues (1248) (1). Le couvent ayant été brûlé entièrement en 1448, et compte tenu des litiges entre le couvent et les barons de Montmaur, il semble que la terre de la Frédière soit redevenue la propriété de ces derniers puisque Jean II Flotte, comte de la Roche-des-Arnauds, baron de Montmaur, pourra en disposer.
De par sa naissance, il est coseigneur de Montmaur. L'autre moitié de cette seigneurie lui sera apporté en dot lors de son mariage avec Antoinette Artaud de Montauban avec qui il aura 6 enfants :
De Jeanne Disdier, Jean II aura un fils illégitime, Jean né en 1552, légitimé en 1602, qui héritera de la petite terre de la Frédière et portera le titre de seigneur de la Frédière et de Thivoley (26). Contemporain de Lesdiguieres, il sera capitaine, maréchal de camp et commandera deux régiments. Marié à Françoise de Barret de Moras, il aura trois fils : Balthazar, Annibal et Jean Antoine, avant de décéder vers 1615. Une révision des nouveaux et nombreux anoblissements qui avaient été concédés par Henri III et Henri IV avec une prodigalité inouïe à l'occasion de services plus ou moins réels rendus pendant les guerres religieuses ayant été demandée, cette révision fut exécutée d'une manière illusoire et presque tous les anoblis furent maintenus dans leur privilèges. Cette révision concernait aussi Jean Flotte, Seigneur de Freydière et Châteauvieux, et Lesdiguieres, à qui il devait son anoblissement, s'en défend dans la lettre suivante, datée du 29 juin 1602 (2) :
Selon Roman, à la mort de Jean Flotte de la Frédière, son fils Balthazar pourrait avoir revendu la Frédière aux barons de Montmaur (1). Ce Balthazar Flotte eut trois enfants d'un mariage avec Claudie de Chastelard :
Tous deux portent le nom de Flotte de la Frédière ce qui permet de supposer que la famille n'avait pas vendu cette terre contrairement à ce que laisse supposer Roman. Lorsque le curé de Montmaur Jacques Reynaud en 1637 réalise le premier cadastre de la commune, il note que deux propriétaires de la Frédière, Louis Grand et Jean Guillaume, émergent un peu du lot car ils cultivent environ 10 hectares chacun. Lors de la perception de la taille seigneuriale, le 30 novembre 1694, le hameau de La Frédière comptait pour 7 feux. Jusqu'au début du siècle dernier, il y avait deux familles Roux à la Frédière sans aucun lien de parenté : La famille de Jean Roux avec toujours le même prénom Jean qui revient de génération en génération et la famille de François Roux qui s'installa par la suite aux Philippons. Parmi ces deux familles, on connaît (4) : Jean Roux, né vers 1755, cultivateur, marié avec Anne Vernet. Ils eurent une fille Agathe, née aux Sauvas le 24 Septembre 1798, et morte à la Frédière après 1843. Celle-ci épousa le 3 Février 1814 Jean Etienne Arnaud (1787 - 29 Juin 1833) de Claret. Pierre Roux, baptisé à La Montagne le 5 Juin 1764, marié le 13 Avril 1796 avec Agathe Métailler, née aux Turins en Juin 1779. Jean Roux, né en 1790, soldat du 3ème Régiment du
Génie, qui reçut en 1858 la médaille de Sainte Hélène Cette décoration avait été instituée par le décret impérial du 12 août 1857 pour "tous les militaires, français et étrangers, des armées de terre et de mer qui ont combattu dans nos rangs de 1792 à 1815", et portait d'un côté l'effigie de l'Empereur et, de l'autre, pour légende : "Campagnes de 1792 à 1815 - à ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, 5 mai 1821". La remise des médailles ayant eu lieu pour la première fois en 1858, et s'étant poursuivie sur 12 ans, Jean Roux était donc âgé de 68 ans au moins et de 80 ans au plus lorsqu'il fut décoré. et enfin Léon Roux, né 23 juin 1888, sergent au 157ème Régiment d'Infanterie, tué au combat au nord de Flirey (Meurthe et Moselle) le 15 juin 1915 (6). Depuis le début de la guerre, il avait pris part avec son régiment aux opérations d'Alsace au mois d'août 1914, puis à la bataille des Flandres en Belgique (Boezingue , Nieuport) et au début de l'année 1915 à la bataille de la Woëvre (Bois de Mort-Mare). Il repose à la Nécropole Nationale "Noviant-aux-Prés" (tombe individuelle n°128) (7). D'autres familles ont habité la Frédière : Pierre Robin, (1770 - 1824) né et décédé à La Freidière. Marié le 25 Novembre 1811 à Marianne Vollaire, née en 1793, à Vitrolles (05184) et qui mourut en 1841 à l'âge de 48 ans, ils eurent trois enfants : Aimé, né en 1813 à Montmaur, Pierre, né en 1816 à La Freidière et Apolonie, née en 1819 à Montmaur. Aimé se maria avec Rose Bourges, née à Veynes en 1811. Ils eurent un fils Aimé Justin, né en 1845 à La Freidière. Émile Robin (1878-1967) qui, de son épouse Mathilde née Aubin (1885-1980), eut trois filles dont l'une, Marthe (1908-1988), repris la succession de ses parents à la ferme avec son mari Henri Amouriq (1901-1980). Un autre Justin Robin mourut à la guerre en 1918 (6). Barthélemy Moyne (1690 - 1740), né et décédé à la Frédière. Il se maria 3 fois :
Étudiant le cartulaire de Durbon, Roman signalait qu'au XIIème siècle les seconds et troisièmes mariages étaient courants (8) :
Il s'agit donc là d'un phénomène qui a perduré au cours des temps. Ce qui n'a rien d'exceptionnel si l'on imagine la vie des femmes de ces campagnes et les risques encourus lors de l'accouchement par exemple. Selon certains ces communautés ne connaissaient ni médecin, ni accoucheuse. Les seuls secours pouvaient venir de Veynes ou de Gap par des chemins souvent dangereux. Seul le village de Chaudun possédait une accoucheuse. Mais rares étaient les femmes qui avaient la chance de pouvoir y recourir (9). Cependant, en 1771, l'état civil de Montmaur signale la présence, dans le village ou ses environs, d'un chirurgien. Le nommé Honoré Gérard s'est rendu coupable d'avoir promis le mariage à Agathe Roux, veuve de Jacques Arnaud, et de lui avoir fait un enfant (10) :
Et pour terminer signalons la famille de Marie Barbesier née Métailler dont la maison fut détruite en 1968 par un incendie. Aujourd'hui encore, on peut trouver 5 habitations à la Frédière sans qu'il y ait l'eau courante desservie par la commune de Montmaur. C'est un réseau privé qui distribue l'eau dans chaque maison.
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