Vers 1620, Balthazar FLOTTE DE LA FRÉDIÈRE (1) épouse à Hauterives (Drome), Claudine DE CHASTELARD, née d'une famille de haute noblesse du Dauphiné, fille de Claude et de feue Jeanne DE MUSY, qui lui donnera 3 fils : Antoine, futur Prieur Moderne de La Roche-des-Arnauds, qui paraît être l'aîné, Jean-Annibal-Antoine-Alexis et Henri (2).

Ce mariage a une influence importante pour la carrière militaire des FLOTTE DE LA FRÉDIÈRE. En effet, le 27 juillet 1640, Balthazar teste chez Maître Étienne ARTHEMALE avant de se mettre "en marche pour le siège de Turin avec d'autres gentilhommes". Et c'est précisément dans la province de Turin, qu'en 1642, le Régiment de Carignan (ou régiment de Savoie) est levé par Thomas-François DE SAVOIE, prince DE CARIGNAN. Et son épouse, Claudine DE CHASTELARD, est la soeur d'Henri DE CHASTELARD DE SALIÈRES, colonel du régiment de Carignan-Salières.

Ce qui explique pourquoi, quelques années plus tard, Jean-Annibal-Antoine-Alexis qui a adopté les prénoms de Balthazar-Annibal-Alexis est Major du Régiment de Carignan commandé par son oncle le Colonel DE SALIÈRES et capitaine d'une Compagnie qui porte son nom. Son frère, Henri, dont la conduite au Canada se révélera aussi mauvaise que celle de son frère, est lieutenant dans cette même compagnie (3). 

C'est lors d'une campagne du régiment de Carignan que Balthazar-Annibal-Alexis a perdu un oeil car, le décrivant au Canada, Benjamin SULTE signale qu'il perdit son oeil "plus tôt dans sa carrière militaire" (4, 5).

Le régiment Carignan est constitué d'environ 1 200 soldats et 80 officiers (6-8). L'état-major du régiment se compose du colonel Henri DE CHASTELARD, marquis DE SALIÈRES, du lieutenant-colonel DU PORT, du major LA FRÉDIÈRE, de l'aide-major FÉRAUD, du maréchal des logis LA COMBE-POCATIÈRE, de l'aumônier D'ÉGRISEILLES et du chirurgien-major DU TARTRE. Le régiment comprend  24 compagnies  : Berthier, Chambly, Contrecoeur, Des Portes (Du Prat), Dugué, Froment, Grand Fontaine, La Brisardière, La Colonelle, La Durantaye, La Fouille, La Frédière, La Motte, La Noraye, La Tour, La Varene, de Laubia, Maximy, Monteil, Petit, Rougemont, Saint-Ours, Salières et Sorel.

Chaque compagnie est composée de trois officiers - Capitaine, Lieutenant et Enseigne - deux sous-officiers sergents, trois caporaux, cinq anspessades (9) dont deux tambours, un fifre, un fourrier et quarante soldats.

Le régiment de Carignan-Salières est l'un des premiers à porter l'uniforme dans l'armée française, une tenue brune doublée de gris, couleur visible par le revers des manches formant un parement. Des rubans chamois et noir ornent le chapeau et l'épaule droite, selon la mode du temps. Les soldats du régiment de Carignan-Salières portent tous l'épée et la plupart sont armés de mousquets, bien que deux cents d'entre eux aient des fusils.

Depuis 1641, la Nouvelle-France vit continuellement sous la menace iroquoise. Recevant un jour à Versailles Monseigneur François DE LAVAL, évêque DE PÉTRÉE, vicaire apostolique du Canada, Louis XIV lui promet d'aider militairement la Nouvelle-France.

Ayant repéré le régiment de Carignan-Salières pour ses exploits et sa discipline, au mois de janvier 1665, Louis XIV le choisit pour aller en Nouvelle-France sous le commandement du lieutenant-général Alexandre DE PROUVILLE DE TRACY, mobilisé à Québec avec le titre de "Vice-Roi". Ses ordres sont de réduire la menace iroquoise qui compromet le commerce des fourrures et le développement de la colonie, d'assurer la défense des colons et d'établir un climat propice au commerce. Une fois cette mission accomplie, le régiment aura la permission de retourner en France.

Mais dès ce moment, dans un mémoire "pour servir d'instruction au sieur Talon s'en allant Intendant de la justice, police et finances dans la Nouvelle France", le Roi désire que, l'expédition contre les Iroquois terminée, TALON incite les soldats du régiment de Carignan à s'établir au pays. Il prévoit de donner à chacun d'eux une légère gratification pour qu'ils aient les moyens de s'établir et la possibilité de se procurer également quelques terres défrichées.

Avant son départ de France, LA FRÉDIÈRE donne quittance en ces termes à Nicolas LE CLERC, conseiller du Roi (10) :

Nous, Hannibal de la Fredière, sergent major du régiment d'infanterie de Carignan Salière, confessons avoir reçu comptant de messire Nicolas LeClerc, conseiller du roy, tresorier general de l'extraordinaire des guerres et cavallerie légère par les mains de son commis la somme de huit cens livres à nous ordonnée pour nous donner moyen d'acheter les choses et ustensiles necessaires pour passer la presente année 1665 de La Rochelle à Kebecq en Canada avec ledict Regiment de laquelle somme de VIIIc livres, nous quictons ledit sieur Tresorier et tous autres. Fait ce deuxième jour d'apvril MVIc soicante-cinq. Annibal de la Fredière, major du régiment de Carignan Salière.

Cet acte montre bien que le Capitaine LA FRÉDIÈRE n'a pas une fortune suffisante pour s'équiper en vue de son voyage. Il explique aussi en partie son activité lucrative au Canada et son souci d'y faire fortune.

LA FRÉDIÈRE et son frère Henri quittent La Rochelle à bord du navire l'Aigle d'Or le 13 mai 1665. C'est un Vaisseau du Roi, "vieux et décrépit", ayant à son bord, quatre compagnies : Grandfontaine, La Frédière, La Motte et Salières (11). Il vogue de concert avec le navire La Paix emmenant lui aussi quatre compagnies. Ces deux navires mettent quatorze semaines à faire le voyage, plus du double du temps prévu, en raison des réparations continuelles qui doivent être effectuées à la coque de l'Aigle d'Or, pour lui permettre de naviguer sans couler tellement il est en piètre état (12). Les troupes mettent pied à terre à Québec le 18 août 1665 à dix heures du soir.

Sachant que le pays ne compte alors que 3 200 personnes de souche française, dont 500 environ habitent Québec et sa région, on peut facilement deviner l'émoi que suscita dans la petite colonie l'arrivée d'une troupe aussi considérable.

Sur l'ensemble des 1 200 soldats parvenus au Canada, 8 soldats sont morts durant le voyage, et 120 malades sont transportés à l'hôpital avec la fièvre pourprée et même la peste. Ils sont soignés par les religieuses hospitalières et par l'évêque DE PÉTRÉE et son grand vicaire DE LANSON DE CHARNY.

Ce qui fait écrire à Étienne-Charles BRASSEUR DE BOURBOURG dans son Histoire du Canada (13) :

Leur zèle toucha les huguenots qui se trouvaient parmi eux, dont une partie se convertirent.

En fait, l'histoire de leur conversion est toute autre. Deux jours après leur arrivée, les huit compagnies sont passées en revue par Monsieur DE TRACY, en prévision de leur départ imminent pour la vallée du Richelieu. Toutefois, le clergé catholique ayant constaté la présence de plusieurs huguenots parmi eux, le départ des troupes est retardé de quelques jours. Selon la volonté de Monseigneur DE LAVAL, qui occupe le deuxième poste le plus important au Conseil Souverain, les soldats huguenots sont rapidement "catéchisés". Ils abjurent publiquement leur religion et font profession de foi catholique. Les officiers, tel le Capitaine Isaac BERTHIER, ont le privilège de se convertir en privé, les autorités ayant jugé qu'il n'est pas politiquement correct de rendre public le fait que le commandement des troupes avait été confié à des protestants par sa Majesté le Roi (14).

Le 28 novembre 1665, dans une lettre à COLBERT, le R.P. Paul RAGUENEAU peut écrire : "plusieurs heretiques ont fait heuresement abjuration".

Ainsi, le 2 septembre 1665, LA FRÉDIÈRE quitte Québec pour la vallée du Richelieu, afin d'aider à la construction du fort Sainte-Thérèse, terminé à la mi-octobre. Ce fort constitue le poste le plus avancé d'une série de 3 forts établis le long de la rivière Richelieu afin d'assurer la protection de la colonie.

En janvier 1666, il participe à l'expédition de COURCELLE contre les Agniers (Mohawks). Le trente, la colonne, forte de cinq à six cents hommes, part du fort de Sainte-Thérèse. C'est le plus fort de l'hiver. Or à cette époque ni les Européens ni les Amérindiens n'ont pour habitude de se battre en hiver. Les fatigues et les privations endurées par les soldats sont extrêmes, beaucoup souffrent de fortes engelures aux membres et à la figure. Comme la neige s'élève partout à une hauteur de quatre pieds, il leur faut marcher pendant toute la journée avec des raquettes attachées aux pieds, exercice auquel ces soldats ne sont pas accoutumés ; le soir venu, ils doivent couper le bois, dresser des feux, et creuser des trous dans la neige pour y passer la nuit. Après quelques succès, M. DE COURCELLE, confronté à un dégel soudain et à de fortes pluies, et reconnaissant qu'il est inutile et même dangereux de pousser plus loin cette expédition, abandonne la campagne. Le 21 février, il reprend la longue marche du retour, harcelé par les Agniers. On rapporte que plus de 60 hommes, affaiblis par le froid et la faim, périssent en route (15). Les survivants arrivent au fort Saint-Louis le 8 mars.

Le capitaine TAPIE DE MONTEIL pour sa part en rajoute :

Nous perdîmes dans cette expédition, que nous entreprîmes au mois de janvier, quatre cents hommes, lesquels marchant tombaient mort de froid. Nous avions marché... pour surprendre un village ennemi, mais nous ne réussîmes pas à cause que les guides nous moururent de froid en chemin.

En fait, d'autres auteurs rapportent que les 30 Algonquins qui devaient mener la troupe ne furent d'aucune utilité durant près de trois semaines, car ils étaient enivrés !

Quant à LA FRÉDIÈRE, on le ramène en traîneau car il a été blessé à la cuisse durant cette expédition (16).

Au mois de mai 1666, LA FRÉDIÈRE et sa compagnie sont à Montréal. C'est l'époque où plusieurs expéditions de TRACY et de COURCELLE, sont menées contre les villages et les forts Iroquois. Opérations militaires qui se terminent par la signature des traités, les 25 mai, 12 juillet et 13 décembre 1666.

Le 29 juillet, il reçoit un ordre de Monsieur DE TRACY lui commandant de faire construire une redoute au bas du Sault Saint-Louis et une autre en haut, ainsi qu'un chemin de communication d'une longueur de trois lieues entre les deux redoutes :

Après le raid aux suites fâcheuses du Fort Sainte-Anne, De Tracy envoya le Major Balthazard De La Flotte de La Frédière, avec un détachement de soldats au fort Saint-Louis avec l'ordre de bâtir deux redoutes, une en aval et l'autre en amont des rapides existants entre ce fort et celui de Sainte-Thérèse et de dégager une piste de sept mètres de large reliant les deux forts.

A la fin de l'année, LA FRÉDIÈRE est nommé gouverneur militaire intérimaire de Montréal (17). C'est alors qu'il abuse de ses pouvoirs. En effet, celui que Benjamin SULTE décrit ainsi (4) :

Déjà disgracié par la perte d'un œil, il cachait sous cet extérieur repoussant une âme asservie aux passions les plus avilissantes. Avare, fourbe, tyrannique et débauché, non seulement il faisait avec les Sauvages la traite de l'eau-de-vie, mais encore il les trompait sur la qualité de sa marchandise par des emprunts trop généreux aux vertus de l'inépuisable fleuve Saint-Laurent.

n'a pas eu une vie exemplaire dans la colonie.

Tous les auteurs rapportent notamment l'altercation qui l'oppose à André DEMERS, alors qu'avec plusieurs de ses soldats il chasse sur les terres de celui ci, et la peine qu'il lui infligea, peine habituellement réservée aux soldats délinquants (18) :

Un matin un colon nommé Demers était en train de biner son champ quand il vit un homme, fusil en main, allant à grands pas à travers son blé à demi levé. "Ne bougez plus, arrêtez", cria t'il avec un ton de remontrance ; mais l'homme n'y prêta pas attention. "Pourquoi abîmez vous le blé d'un pauvre homme ?" cria le cultivateur outragé. "Si je savais qui vous êtes, j'irais me plaindre de vous". "A qui iriez vous vous plaindre ?" demanda l'homme, qui revint sur ses pas au milieu du blé, et interpella Demers, "Vous êtes un gredin, et je vais vous rosser". "Le gredin, c'est vous", rétorqua Demers, "et gardez vos coups pour vos chiens". L'homme se dirigea vers lui avec rage afin d'exécuter sa menace. Demers prit le fusil qu'il avait emmené avec lui selon la coutume de l'époque et avançant à la rencontre de son adversaire reconnu La Frédière, le commandant. Sur ce, il s'enfuit. La Frédière envoya alors des soldats pour arrêter Demers, le jeta en prison, le mit aux fers, et le lendemain le soumit au supplice du cheval de bois, avec un poids de 60 livres attaché à chaque pied. Il répéta la torture un jour ou deux après et ensuite laissa sa victime aller disant "Si je vous avais attrapé quand j'étais dans votre blé, je vous aurais battu comme plâtre".

Cet épisode lui vaut d'être craint et détesté par tous les colons.

Bien que la vente d'alcool soit puni de peines sévères par le Conseil Souverain, LA FRÉDIÈRE transforme ses quartiers en une échoppe pour les indiens auxquels il vend de l'alcool en grandes quantités en échange de peaux, mais si dilué que ses clients s'en plaignent. Le témoignage de Jean BEAUDOUIN, interprète de la langue iroquoise, lors du procès tenu plus tard, le 15 septembre 1667, nous apprend qu'il est aidé dans ce trafic par son frère Henri :

Jean Beaudouin déclare que quatre mois et demi auparavant, au début de mai 1667, il se rendit au logis de Pierre Caillé dit Larochelle où habitait le capitaine Lafredière. Ce dernier le pria de venir, puisqu'il parlait la langue iroquoise, l'aider à traiter avec un sauvage d'eau-de-vie. En entrant dans le hangar, il y trouva le sieur La Flotte qui s'occupait de ce commerce. Ils traitèrent environ six pots d'eau-de-vie "dont les sauvages se plaignaient qu'il y avait de l'eau dedans". Mathieu Masta pour sa part déclara que le capitaine Lafredière se servait de son frère le sieur de flotte pour traiter de l'eau-de-vie.

À leur décharge, ils ne sont pas les seuls à faire du trafic avec les indiens (4) :

Quelques uns des chefs militaires furent même un grand sujet de scandale... Les exemples scandaleux de La Frédière et notamment son trafic illicite avec les Sauvages, trouvèrent un trop grand nombre d'imitateurs parmi les officiers des troupes, et eurent, pour toute la colonie, les plus tristes résultats.

Car selon Michel FAILLON les appointements des soldats et de leurs officiers sont des plus modiques (19) :

Par une sorte de fatalité bien désastreuse pour ce pays, la plupart des Gouverneurs, des Intendants et autres, que le roi envoya depuis ce temps pour être à la tête des affaires, furent des hommes sans fortune, et même complètement ruinés. Étant tous à la charge du roi, qui ne retirait rien de la colonie, ils avaient des appointements si modiques, qu'à peine auraient-ils pu vivre par le seul revenu de leurs places...

Effectivement, on sait que la solde du régiment pendant le mois d'avril 1666 est de 11 127 livres, soit moins de 8 livres pour chaque militaire (8).

Aussi, officiers, soldats, agriculteurs, colons, marchands, tous exercent le nouveau métier de la traite parce qu'ils y trouvent une plus grande satisfaction et un plus grand revenu que dans la culture de la terre. Les autorités métropolitaines et le roi lui-même ferment volontiers les yeux sur le commerce officieux et licencieux de ses représentants en Nouvelle-France. Et bien que, le 5 janvier 1667, le Conseil Souverain ait interdit le troc d'eau-de-vie contre des fourrures,  COLBERT dans une lettre à TALON, le 20 février 1668, déclare qu'il faut discuter les avantages et les inconvénients de la traite des boissons avec les Indiens, avant de prendre une décision. Aussi, le 10 novembre 1668, le Conseil Souverain revient sur sa décision et autorise le troc d'eau-de-vie contre des fourrures.

LA FRÉDIÈRE est par ailleurs accusé par Joseph BOUCHEROT, dit Le Vau, ampessade de la compagnie Salières, d'avoir contrevenu aux ordres. Il déclare qu'il avait la garde de trois prisonniers accusés pour divers motifs, dont le chirurgien-major André BASSEL, dit Dutertre. Il avait reçu l'ordre du colonel de veiller à ce que ces prisonniers ne soient pas libérés, et devait répondre d'eux à son retour de Québec. L'ampessade accuse le capitaine LA FRÉDIÈRE d'avoir usé de son autorité et de l'avoir obligé à relâcher les inculpés le jour même du départ du colonel.

Celui que Benjamin SULTE dévoile comme un avare, fourbe et tyrannique est aussi un débauché, toujours à l'affût d'une jolie femme à séduire (3). Il est impliqué dans deux affaires de moeurs. La première est la plus sérieuse ; elle concerne Anne THOMAS qui venait d'épouser le maître charpentier, Claude JODOIN, le 23 mars 1666. LA FRÉDIÈRE use de son pouvoir de commandant pour éloigner le mari. Et pendant que le mari est éloigné, il poursuit de son assiduité la jeune épouse. Prétextant du fait qu'elle est pauvre, il lui donne de l'argent exigeant en retour qu'elle couche avec lui :

Il était irréprimable en galanterie, et les femmes et les filles s'enfuyaient de terreur devant le pholyphemus militaire. Il jeta son dévolu sur Anne Thomas, la jeune femme du charpentier Claude Jodoin. Le problème c'est que le mari était très prévenant et laissait rarement sa femme seule de telle sorte que le Major était incapable de trouver l'occasion de la rencontrer seule. Une nouvelle fois il abusa de son autorité de gouverneur militaire et s'arrangea pour que Jodoin obtienne une corvée qui l'éloigne de la colonie durant trois mois. On ne sait si ses tentatives de séduction aboutirent mais lorsque les choses commencèrent à se savoir la communauté fut si outrée qu'elle décida de porter l'affaire devant le Conseil Souverain.

En fait, Anne THOMAS succombe à plusieurs reprises comme elle l'avouera elle-même. Ces ébats se passent à l'extérieur dans les fardoches le long du fleuve (20). Des ouvriers occupés à réparer une cheminée sur un toit sont témoins des manœuvres de LA FRÉDIÈRE auprès de la jeune femme pour "l'attirer dans les fardoches et la connaître."

La seconde est une tentative de sa part pour séduire Marie-Anne HARDY, épouse de Pierre MALET. N'ayant plus de farine, Marie-Anne HARDY s'adresse à LA FRÉDIÈRE pour en obtenir. Or, le meunier du moulin du fort a ordre de ne moudre que pour les soldats. Se montrant fort aimable et se servant de son autorité, LA FRÉDIÈRE oblige le meunier à moudre du grain pour la jeune femme. En retour, il veut avoir ses faveurs, ce qu'elle lui refuse. Il la poursuit jusque chez elle, mais son mari se trouve à la maison et il doit renoncer à son projet. N'ayant pas obtenu les faveurs de Marie-Anne, LA FRÉDIÈRE se venge à sa façon. Quand le lendemain, Pierre MALET va chercher la farine au moulin, le meunier la lui refuse selon l'ordre qu'il a reçu de LA FRÉDIÈRE.

Les habitants de la colonie font taire leurs récriminations jusqu'à la visite de Jean TALON, intendant de la justice, de la police et des finances, durant le printemps 1667. Un à un les habitants de la colonie viennent alors se plaindre à lui des injustices subies durant le mandat de LA FRÉDIÈRE. Le 16 septembre 1667 Pierre CAILLÉ, dit La Rochelle, porte plainte contre lui au sujet de boissons vendues aux Sauvages. Mais aussi, pour les raisons que nous avons évoquées, Joseph BOUCHEROT, André DEMERS, Claude JODOIN et son épouse Anne Thomas et Marie-Anne HARDY, femme de Pierre MALET.

TALON retourne à Québec et rapporte ces plaintes à DE TRACY et DE COURCELLE. Bien que du même avis, tous trois n'ont pas d'autorité sur LA FRÉDIÈRE qui, appartenant à un régiment considéré étranger, est placé sous la seule autorité de son oncle, le colonel DE SALIÈRES. Aussi, l'affaire n'est-elle pas portée devant le Conseil Souverain mais traité de façon informelle de façon à amener le Major à quitter le Canada de son propre gré. L'ordre lui enjoignant de quitter le Canada est signé à Québec par DE TRACY, DE COURCELLE et TALON, le 27 août 1667 (21).

Mais LA FRÉDIÈRE ne manifeste aucune intention de partir et souhaite continuer son commerce afin de faire fortune. Il fait alors appel à son supérieur hiérarchique, le colonel DE SALIÈRES. Celui ci est d'un tempérament chaud et jaloux de ses prérogatives. Il croit voir dans l'ordre donné à son neveu un empiètement sur son autorité et le prend de très haut. Il semble cependant acquis que le colonel DE SALIÈRES devait obéir au gouverneur DE COURCELLE :

Suivant l'usage du royaume Mons. de Courcelles doibt commander a toutes les troupes qui se trouveront dans l'estendue de son gouvernement de la mesme façon que le font en france Messrs les gouverneurs et lieutenants generaux des provinces.

Pour couronner le tout, les relations de COURCELLE avec TALON s'enveniment. Aussi l'affaire se transforme dans une dispute juridictionnelle dont le but cesse d'être le départ du Major mais celui de savoir qui peut et qui ne peut pas punir un officier du régiment, et qui plus est, l'un des plus gradés.

Le colonel établit sa position dans une lettre à TALON du 1er septembre 1667 dans laquelle il se plaint de ce que LA FRÉDIÈRE a été jugé ou admonesté par TALON et DE COURCELLE, protestant que cet officier relève de son commandement, et il dispute à DE TRACY l'autorité de renvoyer un de ses officiers en France sans un ordre du Roi. C'est pour lui une façon de gagner du temps car avant l'arrivée de cet ordre une nouvelle année se serait écoulée.

Le 19 Octobre, TALON écrit à François Michel LE TELLIER, marquis DE LOUVOIS et ministre de la Défense, en rapportant les difficultés causées par M. DE LA FRÉDIÈRE.

Il réitère ses accusations dans une lettre à COLBERT écrite quelques jours plus tard, le 27 octobre, en expliquant les raisons de son action et en promettant de fournir plus de détails l'année suivante à son retour en France (22) :

Apres vous avoir bien parlé de plusieurs officiers qui servent icy avec beaucoup de zele je ne puis vous taire sans blesser nottablement le service du Roy que M. de La Fredière Capitaine et major au Regiment de Carignan et neveu de M. De Salière a donné lieu par ses violences a plusieurs plaintes qui nous ont oblige M de Tracy M de Courcelle et moy a luy conseiller son retour en france _ en venir a une voye moins douce. Et comme il a fortement opignastré son sejour en ce pays contre nos sentimens voulant soustenir par justice ce qu'il avoit fait avec emportement troublant le repos de la Colonie de MontReal M de Tracy a jugé qu'il estoit du service de sa Majesté de luy donner un ordre de partir auquel cependant il ne voulut pas obeir appuyé de M de Salière son oncle qui par son chagrin et sa mauvaise humeur nous donne icy beaucoup de peine, et nous fait de grands obstacles aux establissement que vous m'ordonnez d'y faire en faveur des officiers et soldats La copie de cet ordre mise _ de nostre sentiment est cy jointe, pour que vous connoissiez notre procedé (peut estre trop moderé) et les informations faites apres l'ordre donné par M de Tracy sont entre les mains de mon secretaire. Je scay que ledit sieur de La Fredière pretend trouver auprez du Roy de grands appuys pour faire condamner nos conduites quelque mauvaise qu'ait esté la sienne, mais je scay qu'estant le Protecteur des troupes vous ne l'estes pas moins des peuples. Du jugement que le Roy portera sur la conduite de cet officier despend la seureté et la tranquilité des colons du Canada et le maintien de l'autorité des superieurs qui se trouvent dans des pays aussy esloignes qu'est celuy ou cette seule autorité les sauve de l'insulte des inferieurs et leur a donne les moyens de faire avec succez le service de sa Majesté. Je parle icy plus pour mon successeur que pour moy, qui espère mon congé par vostre entremise. En verité si vous desirez qu'il reussisse il est bon de luy donner toute l'autorité qui se peut.

À nouveau, dans sa correspondance, le 19 novembre 1667, Jean TALON s'explique sur sa décision d'obliger LA FRÉDIÈRE à retourner en France :

Pour ne pas faire une repetition ennuyeuse sur le sujet qui oblige M. de Lafrediere Capitaine au Regiment de Carignan-Saliere de retourner en France, je vous supplie très humblement, Monseigneur apres luy avoir demandé l'ordre sur lequel il retourne, et avoir considéré le chemin qu'on luy avoit ouvert, par le Congé qui est au dessus dud ordre, de vouloir vous faire faire lecture de ce que j'ay l'honneur d'escrire a Monseigneur Le Tellier, de mesme que des informations qui sont cy jointes. Je scay que led Sr de Lafrediere se plaint qu'elles ne sont pas dans les formes, mais il faut icy dire que quand M. de Tracy, M. de Courcelle, et moy Luy avons conseillé de repasser en france, on ne pensoit pas a faire des informations, parce qu'on ne pensoit pas a Luy faire aucun mal, seulement a guerrir par son esloignement celuy que les sujets du Roy souffroient icy de sa conduite. J'espere l'an prochain repasser en france, si sur ce qu'il vous dira et que M. de Salliere son oncle pourra vous mander, Vous suspendez vostre jugement. Je suis asseuré que par le compte que j'auray l'honneur de vous rendre de ce pays, vous demeurerez persuadé qu'on a eu pour Luy, autant de moderation, qu'il a eu d'emportement, pour les Colons et peu de deference Pour les Superieurs. M. de Tracy qui a connû la conduite, et de l'oncle, et du Neveu peut vous la dire. "

Aussi pour de nombreux auteurs, LA FRÉDIÈRE quitte le Canada au cours de l'automne 1667, bienheureux de ne pas subir une punition plus sévère.

Mais deux lettres du Ministre de la Défense à DU GUÉ, intendant du Dauphiné et du Lyonnais, signalant que la noblesse de la famille FLOTTE est mise en doute, semblent infirmer ce départ et indiquer qu'au début de l'année 1668, aucun des deux frères n'a quitté le Canada (8, 23) :

Dans la première, du 12 janvier 1668, le ministre annonce que Monsieur DE LA FRÉDIÈRE, demeurant en Dauphiné, a des problèmes au sujet de ses titres de noblesse et que ses enfants sont au Canada.

Dans la seconde, du 28 février 1668, le ministre recommande à DU GUÉ "les intérêts des sieurs de La Freydière, capitaines au régiment de Carignan, actuellement aux îles d'Amérique qui sont poursuivis au sujet de leur noblesse".

SULTE pour sa part indique que Montréal est commandée par le capitaine Pierre DE SAINT-PAUL, sieur DE LA MOTTE-LUCIÈRE, de janvier 1669 jusqu'au commencement de l'été de 1670, époque à laquelle il part pour la France laissant le poste à LA FRÉDIÈRE qui l'avait perdu en 1667 par ses excès. Selon lui, au mois d'août, TALON, revenant de France, nomme François-Marie PERROT, remplaçant ainsi "le cheval borgne par un aveugle, car si La Frédière n'était pas un saint, François-Marie PERROT ne valait pas mieux" (4, 24) :

De bonne heure, l'été de 1670, Pierre de Saint-Paul, sieur de la Motte-Lucière, gouverneur de Montréal, capitaine au régiment de Carignan, partit pour la France, laissant La Frédière à sa place. Jusque-là, il avait attendu l'arrivée de François Marie Perrot, nommé gouverneur de Montréal, mais qui se trouva retardé d'un an par suite des périls de la navigation. Perrot étant débarqué à Québec avec Talon, son parent, le 18 août 1670, on suppose qu'il releva La Frédière de ses fonctions vers le 1er septembre.

Enfin, le site de la ville de Notre-Dame-de-l'île-Perrot (25) et Michel BELISLE (26) laissent entendre que LA FRÉDIÈRE poursuit ses activités illicites bien après 1668 et le départ du régiment :

Certains officiers du régiment de Carignan qui demeurent au pays après le départ du régiment en 1668 commencent même à faire parler d’eux par leurs activités illicites de traite. Retenons les noms de Balthazar de Flotte de la Freydière, Philippe de Carion du Fresnoy, Paul de Maurel, Antoine Lafrenaye de Brucy et les deux Berthé de Chailly.

C'est par une lettre du 20 février 1668 que le ministre COLBERT avise TALON que le Roi ordonne le retour du régiment de Carignan en France et que quatre compagnies devront demeurer au Canada pour assurer la défense de la colonie.

Henri fait partie du voyage. Le 14 octobre, peu avant de quitter le Canada, il est interpellé par Charles AUBERT DE LA CHESNAYE en possession de trois cent cinquante-cinq peaux d'orignal et milles trente-deux livres de castor, le fruit de son trafic avec les indiens qu'il rapporte en France pour lui et son frère (27). Il se défend en disant que ces pelleteries lui appartiennent et qu'il a l'autorisation du gouverneur DE COURCELLE de les rapporter en France. On ne connaît pas l'issue de cette affaire, mais il y a fort à parier qu'Henri réussit à importer ces peaux en France. Il arrive à La Rochelle le 5 novembre 1668. Henri, habitera par la suite à Moras en Valloire où il a épousé vers 1680 Claudine DE RATINEL DE CHASTELARD qui lui donnera 8 enfants baptisés à Moras entre 1683 et 1695.

Comme Louis XIV l'avait souhaité une partie de l'effectif demeure en Nouvelle-France pour aider la colonie et en assurer le développement et le peuplement. Le Roi offre une seigneurie à un officier, une allocation de 150 livres à un sergent et 100 livres à un simple soldat. Environ 416 soldats et 30 officiers acceptent et s'établissent en Nouvelle-France, entre autres sur les bords de la rivière Richelieu qui avait été le théâtre de leurs exploits. Ces soldats sont, pour la plupart, célibataires et en âge de se marier. L'arrivée massive des filles du Roi, entre 1663 et 1673, facilite les mariages et permet de rétablir le fragile équilibre démographique de la colonie. Ces hommes et ces femmes forment une partie importante des ancêtres des Canadiens français.

En 1671, le régiment change de nom pour devenir le régiment de Soissons (28). LA FRÉDIÈRE en est le premier capitaine et major en 1682. Il est aussi seigneur de la maison forte de Tivoley à Bougé.

Dans les années qui suivent, il signe un contrat de mariage, le 24 avril 1682, avec Françoise FALCOZ, fille de Jean, sieur DE MESTRAL, seigneur de la Maison-Forte d'Aiguebelle-de-Renage, et de Françoise BOUVIER DE PORTES de la paroisse de Vourey. La jeune épouse apporte une dot de 10 000 livres. Baptisée à Vourey le 7 février 1673, il semble que lors de la signature du contrat cette promise n'était âgée que de neuf ans. Nous ignorons la date exacte du mariage (29).

LA FRÉDIÈRE teste dans l'étude de maître FOITY le 29 avril 1683. Il lègue ses biens à sa femme et à son frère Henri. Un des témoins de ce testament est le capitaine Balthazar BOUVIER DE PORTES.

Le 21 août 1683, il entame des procédures contre divers particuliers concernant des coupes de bois.

L'année suivante, à titre de seigneur de La Frédière, il est en procès contre les chanoines et le chapitre de Saint-Pierre de Vienne pour des rentes féodales impayées. Il est alors lieutenant-colonel du régiment de Soissons. On sait qu'il s'agit d'un procès ancien et que le 15 décembre 1682, lui et son frère Henri ont omis de se présenter lors d'une audience.

Nous ignorons la date de son décès.

Malgré l'impression fâcheuse qu'a laissé LA FRÉDIÈRE, une rue de la municipalité de Saint-Jean-sur-Richelieu porte son nom ainsi que deux lacs canadiens (30). Le premier lac est situé dans la municipalité de la Rivière-aux-Outardes, région administrative de la Côte-Nord. Le second se trouve dans la municipalité de la Rivière-Koksoak, région administrative du Nord-du-Québec. Ce lac se trouve aux sources de la rivière Savalette, affluent de la rivière à la Baleine, tributaire de la baie d'Ungava. De forme grossièrement triangulaire, il s'étend sur 0,9 km² et se décharge vers le nord, recevant les eaux des lacs Migrardet, Balthazar et Flotte, deux toponymes qui évoquent eux aussi LA FRÉDIÈRE (31).


Remerciements à Josée TÉTREAULT qui m'a fourni certains documents concernant la vie de LA FRÉDIÈRE au Canada et à Michel POURROY qui m'a autorisé à utiliser certaines informations concernant la famille FLOTTE reportées sur son site généalogique sur le serveur Geneanet.


  1. Pour rappel, Balthazar FLOTTE DE LA FRÉDIÈRE est l'un des fils de Jean, lui même fils illégitime de Jean FLOTTE, dit Capitaine Aurouse, et de Jeanne DISDIER, et de Françoise DE BOUVIER DE MORAS.
  2. Les prénoms des enfants différent selon l'époque des documents : Balthazar teste à Espinouze en 1640, il laisse 1 500 Livres à Jean-Antoine son fils aîné, Annibal-Alexis et son 3ème fils qui n'est pas encore baptisé, et le 19 juin 1643, il nomme Jacques RICHAN, Procureur aux Cours de Gap, son procureur comme Père et Administrateur de la Personne et des biens de Messire Antoine FLOTTE son Fils Prieur Moderne de La Roche-des-Arnauds. Les généalogistes donnent généralement : Jean-Annibal-Antoine-Alexis, Antoine et Henri. Mais Jean-Annibal-Antoine-Alexis est plus connu au Canada sous les prénoms de Balthazar-Annibal-Alexis ou simplement LA FRÉDIÈRE.
  3. Jack VERNEY, The Good regiment - The Carignan-Salieres Regiment in Canada 1665-1668, Mc Gill-Queen's University Press, Montreal, 1999.
  4. Benjamin SULTE, Le régiment de Carignan, in Mélanges Historiques, vol. 8, G. Ducharme Ed., Montréal, 1922.
  5. En 1659, les régiments de Carignan et de Salières de l'armée d'Italie ont été incorporés en un seul régiment de quinze compagnies, portant le nom du prince de Carignan et commandé par M. de Salières. En 1664, le régiment comptait 8 compagnies, auxquelles se sont ajoutées 12 compagnies dont quelques-unes auraient participé à la campagne hongroise en 1664 contre les Turcs avec les troupes autrichiennes et germaniques.
  6. Site web : http://migrations.fr/Leregimentcarignan.htm
  7. Site web : http://www.mef.qc.ca/Carignan.htm
  8. Document http://data2.collectionscanada.ca/pdf/pdf001/p000000501.pdf
  9. Équivalent de soldat 1ère Classe.
  10. Site web : http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=podeor
  11. Voir la liste des passagers sur le site http://www.migrations.fr/l_or_de_brouage.htm
  12. L'AIGLE D'OR est décrit par Colbert DE TERRON comme un vaisseau faisant eau de toute part - "C'est un navire percé de vers que l'on ne peut estancher sans le doubler" - et par M. DE VILLEPARS, son capitaine, comme ne valant plus rien. Colbert DE TERRON note encore "qu'il ne devra plus entreprendre de longs trajets : il pourra toutefois servir de brûlot". Cependant ce navire en mauvais état fait le voyage de retour. Plus encore, L'Aigle d'Or revient avec l'équipage de La Paix qui a sombré, pris dans une tempête soudaine de pluie et de neige, le 26 septembre 1665 à Matane, à l'embouchure du Saint-Laurent dans la région des monts Notre-Dame lors de son retour (8).
  13. Étienne-Charles BRASSEUR DE BOURBOURG, Histoire du Canada, de son église et de ses missions, depuis la découverte de l'Amérique jusqu'à nos jours, Sagnier et Bray Ed., Paris, 1852.
  14. Dans une lettre au ministre, TALON signale qu'il a assisté avec TRACY et DE COURCELLE à la cérémonie secrète d'abjuration du capitaine Isaac BERTHIER, et que l'évêque DE PÉTRÉE officiait lors de cette cérémonie. Il indique encore que depuis un mois, c'est le seizième converti, et espère que BERTHIER obtiendra du Roi quelques faveurs. Le Roi lui accordera 1 200 livres (8).
  15. Ce qui n'est cependant pas tout à fait exact car le Journal des Jésuites indique que "la plupart des soldats qu'on croyait perdus reviennent tous les jours" (cité dans http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp).
  16. Michel LANGLOIS, Carignan-Salières 1665-1668, La Maison des Ancêtres Ed., Drummondville, 2004.
  17. Il est commandant ou gouverneur particulier intérimaire ; voir la liste des gouverneurs sur le site web  http://members.aol.com/cglc001/governors.html
  18. Francis PARKMAN, The old regime in Canada, vol 4, Little, Brown and Cie, Boston, 1895 et Francis PARKMAN et David LEVIN, France and England in North America, vol 1, Library of America, 1983.
  19. Etienne Michel FAILLON, Histoire de la colonie française en Canada, Villemarie, Montréal, Bibliothèque paroissiale, 1866, tome 3, page 444.
  20. Fardoches (mot canadien, d'origine inconnue) : broussailles.
  21. Site web : http://www.cca.qc.ca/adhemar/chrongouvml.stm
  22. Site web : http://www.collectionscanada.ca/index-f.html
  23. Déjà en 1602, la noblesse de Jean FLOTTE, fils illégitime, avait été contestée. Un certificat en date du 7 juillet 1668 confirmera LA FRÉDIÈRE et son frère Henri dans leur noblesse.
  24. Effectivement PERROT sera arrêté puis révoqué par le Roi à la requête des seigneurs du Canada le 3 août 1683.
  25. Site Web : http://www.ndip.org/fr/historique.html
  26. Michel BELISLE, La grosse île à l’ouest, Visages de l’île Perrot, 1996.
  27. Là encore on peut penser que si LA FRÉDIÈRE avait déjà quitté le Canada, il aurait emmené avec lui sa part de peaux.
  28. Le régiment devint Soissons, du nom de son nouveau colonel, en 1676, puis prit le nom de la province de Perche en 1690. Français de fait depuis des décennies, le régiment laissa alors son statut "d'étranger" pour intégrer celui de l'infanterie française.
  29. Certains généalogistes situent le mariage le 1er avril 1682, à Vourey.
  30. Site web : http://www.toponymie.gouv.qc.ca
  31. On peut encore signaler que trois lacs canadiens portent le nom FLOTTE ou DE FLOTTE.