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Brunsel, hameau de la commune de Montmaur aujourd'hui en ruines, à deux pas de la Montagne, était habité bien avant le XIIème siècle. Dans les écrits d'alors, ce   hameau s'appelait Brionsel (1244), Brunicellum (1297) ou Breuncellum (1309) (1).

Bruncel sur la carte de Cassini.Pour ROMAN, l'évêque de Gap était coseigneur de Montmaur pour le hameau de Brunsel dès 1182.

L'évêque de Gap tenait ses priviléges sur Gap et un certain nombre de localités du Dauphiné de l'empereur germanique Frédéric Ier Barberouse. Celui ci était héritier, depuis 1133, du royaume d'Arles qui englobait la Provence, la Franche-Comté, la Bourgogne, le Lyonnais, le Viennois, la Suisse occidentale, la Savoie et le Dauphiné. Mais ce n'est qu'en 1155 que le Dauphin Guigues V (1142-1162) reconnut la suzeraineté de l'empereur germanique bientôt suivi par tous les grands du Dauphiné après son mariage avec Béatrix, fille et héritiaire de Renaud, comte de Bourgogne.

Le chanoine Jules CHEVALIER nous apprend que ces possessions devaient être confirmées à chaque changement de suzerain et que (2) :

Les biens des évêchés eux-mêmes étaient tenus par les prélats à titre de bénéfice, révocable de sa nature; c'est ce qui explique pourquoi les souverains confirmaient les évêques dans la possession des terres et des revenus de leurs églises, usage qui s'est perpétué pendant de longs siècles.

C'est ainsi que dans le cas qui nous intéresse, en 1238, l'évêque Robert (1235-1251) dut obtenir la confirmation de ses privilèges de Frédéric II, le petit fils de l'empereur Barberousse (3):

L'évêque Robert se rendit en 1238 à Turin, à la cour de l'empereur Frédéric II, pour obtenir la confirmation du privilège que Frédéric Barberousse, aïeul de ce prince, avait donné en 1184 à Guillaume II son prédécesseur. Sa demande fut agréée, et il rapporta un nouveau diplôme, daté du mois d'avril, qui lui reconnaissait les droits régaliens à la Batie-vieille et neuve, à Tournefort, Manteyer, Tallard, Montmaur, etc…

Cependant, ALBANES se trompe, c'est l'évêque Grégoire qui le premier, en 1178, reçut ses prérogatives des mains de Frédéric Barberousse (4) :

Or, ce fut dans la cité d'Arles, le 2 des calendes d'Août (31 juillet) de l'année 1178, que l'auguste Frédéric Ier investit son cher et vénérable prince Grégoire, évêque de Gap, de toutes les régales, et qu'il lui donna et lui confirma tout ce qu'il possédait ou pourrait posséder légitimement dans le diocèse. L'acte établit en même temps que le nouveau prince du Saint- Empire rendit hommage à l'empereur et lui prêta serment de fidélité.

Guillaume II, qui succède à l'évêque Grégoire, se voit confirmer ces privilèges :

Guillaume II, successeur de Grégoire, ne trouvant pas assez explicites les prérogatives accordées aux évêques de Gap, obtint du même empereur, en 1184 et 1186, des lettres patentes qui le maintenaient en la jouissance des privilèges et des droits royaux dans l'étendue de son évêché, et notamment de ce qu'il possédait dans la ville de Gap et dans les communautés de Rambaud et de Rabou. Il était dit de plus dans le second acte impérial que nul ne pouvait acquérir de fief dans l'étendue des terres de l'Eglise sans le consentement de l'évêque.

Mais il n'est pas encore question de Brunsel. Comme le remarque Théodore Gautier, les privilèges concernant d'autres localités que Gap, la Batie-Neuve, la Batie-Vieille, Tournefort, Tallard-le-Vieux, apparaissent pour la première fois en 1238 :

Pour en finir avec ces investitures, j'ajouterai qu'en 1238, l'évêque Robert obtint de Frédéric II, qui ne lui donna pas la qualité de prince, la confirmation des privilèges de l'Eglise de Gap, et notamment ceux inhérents aux chateaux épiscopaux de la Batie-Neuve, de la Batie-Vieille, de Tournefort, de Tallard-le-Vieux et autres qui nous apparaissent pour la première fois.

Le hameau est noté Bruncel et signalé sans chapelle sur la carte de CASSINI, levée en 1771-1772 par Micas, Langelay, La Ruelle et Dufour de Montland (5).


  1. Joseph ROMAN, Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes, Imprimerie Nationale, Paris, 1884.
  2. Jules CHEVALIER, "Mémoires pour servir à l'histoire des Comtés de Valentinois et de Diois", Tome I, Alphonse Picard Ed., Paris, 1897.
  3. Joseph Hyacinthe ALBANES, "Gallia christiana novissima", Tome I, Paul Hoffmann Ed., Montbéliard, 1895.
  4. Théodore GAUTIER, "Précis de l'histoire de Gap", Alfred Allier Ed., Gap, 1844.
  5. Carte de CASSINI n°152 : Embrun-Gap.